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La nature, miroir de soi, où l'on se retrouve tout entier

François Hertel

 

Plante de la famille des Polygonacée de 30 à 80 cm de haut, originaire d'Europe, dont la tige sort d'une racine tordue et serpentiforme qui lui a donné son nom scientifique "bistorta". Même chose pour le nom de l'espèce "polygonum" : du grec Poly (plusieurs) et Gonu (genoux), désignant les nombreuses "articulations" qui figurent sur les rhizomes des plantes de cette famille.

Plante herbacée typique des prés et des pâturages frais, vivace, droite, à feuilles munies de gaines entourant la tige ; les feuilles inférieures, plus claires, pétiolées, à bordure ovale-lancéolée, sont prolongées par deux ailes de chaque côté du pétiole; feuilles supérieures plus sombres, petites et sessiles ; fleurs réunies en un long et dense épi, dont la couleur varie du rose au carmin.

Floraison : mai-juillet.

Reproduction par division.

Terrain : terre normale de jardin, humide, peu compacte et calcaire.

 

FV-renouee-bistorte1890

 

Cette plante est à la fois décorative et utile : les insectes y recueillent le nectar. Les jeunes tiges et feuilles sont consommées par le bétail et donnent aussi des légumes sauvages savoureux. Jadis, en Islande, en Russie et en Sibérie, on consommait le rhizome (riche en amidon) cuit sous la braise après l'avoir fait macérer (pour éliminer son amertume, il faut le cuire dans plusieurs eaux). Il servait en outre d'additif pour les farines. Par ailleurs, la médecine populaire l'emploie contre la diarrhée. Les feuilles écrasées ont été considérées comme hémostatiques sur les blessures et sont censées être vulnéraire. Le rhizome macéré est utilisé en bains de bouche et contre les gingivites, les angines, les aphtes.

L'usage médicinal de la bistorte est ancien, comme l'atteste sa présence dans le Capitulaire De Villis, ordonnance émanant de Charlemagne qui réclame de la part de ses domaines de cultiver un certain nombre de plantes médicinales et condimentaires dont la "dragantea" identifiée actuellement comme la bistorte renouée. En outre, la forme tortueuse du rhizome (en "s" ou en "serpent"), était considérée comme un signe des vertus médicinales de la plante. Un manuel d'herboristerie du XVIème siècle recommande le distillat de bistorte contre les morsures de serpent.

Les propriétés médicinales du rhizome de la bistorte font toujours l'objet de recherches. Des activités anti-inflammatoires ont été démontrées chez l'animal.